La vie quotidienne : un jeu permanent ?

Si le designer doit inventer des règles du jeu c’est bien qu’il doit y avoir une dimension ludique dans la pratique proposée. Reconstruire sont environnement apporte satisfaction, permet l’échange et la rencontre, et peut se réaliser par le jeu. Construire n’est t-il pas un jeu ? 

Les écrits concernant l’importance du développement du jeu chez l’enfant son nombreux mais qu’en ai t-il du jeu chez les adultes ? Chez l’enfant le jeu permet de se construire. Pour René Château «le jeu est le travail de l’enfant». Jouer est indispensable à la construction de l’enfant et à son intégration dans la société. 

Ce que permet le jeu en quelques points : 

• Travailler et découvrir par le plaisir.

• Découvrir et s’ouvrir au monde et aux autres. 

• Apprendre à agir pour transformer le monde et son environnement.

• Apprendre à gérer et dépasser les tensions liées à la socialisation et à ses frustrations. En jouant l’enfant apprendre à mieux comprendre, puis à agir sur les situations qu’il subit. Le jeu permet à l’enfant de se socialiser.

• Apprendre les rôles et fonctions sociales. 

• Développer une culture familiale et sociale 

• Ainsi que les références pour régler ses problèmes d’adulte. 

• Se projeter dans l’avenir et dans son devenir de futur adulte.

• Inventer, créer transformer son environnement. 

• Travailler la concentration.

• Organiser sa pensée et son intelligence.

Certains points semblent transposables dans le monde des adultes, par exemple « apprendre à agir pour transformer le monde et son environnement » ou encore, « Inventer, créer transformer son environnement ». 

Dans de cas, ne pourrait-t-on pas inverser le propos ? Le travail peut-il devenir un jeu pour l’adulte ? Faut-il réapprendre à jouer où faut-il changer la signification de nos activités quotidiennes pour qu’elles deviennent des jeux ? 

 Le jeu est un comportement non spécifique au sens où dans certaines conditions tout comportement peut devenir jeu : je peu manger et faire ce cet acte un jeu, mais le comportement visé n’est en rien spécifique, c’est son sens qui change. Le jeu est une affaire de signification et non de comportement particulier. A force de sécurisé et de contraindre les usages, les citadins n’ont plus la possibilité de créer, d’imaginer, de se laisser porter par le jeu. Tout doit être efficace, sérieux, dans un intérêt ciblé, le plus souvent économique. Qu’en ai t-il de la contemplation, du développement de l’imaginaire, du jeu et des loisirs ? La réaction associationniste témoigne clairement de cette volonté des habitants de se libérer du poids institutionnel pour développer une organisation plus légère.

Pourrait-t-on transformer la ville en terrain de jeu ?

Notre mobilité accrue nous amène à utiliser divers moyens de transports, et notamment des objets sur roues. « Vélo, rollers, trottinettes et skateboard ont en commun de laisser le corps libre, prêt à ressentir les sensations, l’air de la ville. En un sens l’utilisateur n’est pas coupé du monde, ni de lui-même. Le moyen de transport devient un accessoire de la personnalité. »

 Ce temps de déplacement n’est plus totalement subit mais tend à devenir un loisir, un temps de détente et de jeu. Les nomades urbains que nous sommes tous, ont envie de voir leurs déplacements comme une mini-aventure quotidienne ludique et agréable. L’usager à besoin d’être plus intime avec la ville et donc essaye de rendre ses déplacements plus ludiques en redessinant la ville. Jouer avec la ville est aussi une façon de se la réapproprier et de la poétiser. Dans cette « jungle urbaine » l’individu à besoin de se recréer des repères, de développer des liens sociaux pour se construire un environnement et ne plus être anonyme. Le jeu correspondrait à un « désir de dépassement, de dépaysement, de déguisement ».

 La ville est truffée d’espaces de jeux potentiels, il suffit de changer son regard. Beaucoup d’études sont réalisées à propos du bénéfice du jeu pour les enfants, mais celui-ci est loin d’être inutile pour les adultes. Non seulement il aide à se détendre, mais il permet de s’impliquer dans une activité, donne le courage d’oser et libère l’imagination. 

Les activités de la vie quotidienne comme jeu : 

Serait-il possible de transformer les situations de la vie quotidienne en jeu ? Compter les marches, faire la cuisine, ranger … pourraient devenir des occasions de jeu.